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Il s'appelait Denko SISSOKO

  • Des nouvelles de Didinko, le village de Denko SISSOKO

    Communiqué de presse RESF 51 du 6 Février 2017

    Voilà un mois que Denko SISSOKO est tombé du 8ème étage du SAMIE à Châlons-en-Champagne, victime d’une politique migratoire injuste et inhumaine. 

     

    Denko papa.jpgSon cercueil est arrivé à Didinko le jeudi 02 Février 2017 à l'aube accompagné par son oncle. Denko a été inhumé dans la dignité que certains refusaient de lui accorder. 

    Ses parents en dépit de leur détresse et la peine que peut causer la mort d'un fils, tiennent à remercier tous ceux qui ont contribué à la collecte pour le rapatriement. Ils veulent assurer toutes ces personnes de leur gratitude infinie pour l'acte qui restera gravé dans leur cœur et dans leur esprit. 

     

     

    Denko maman.jpgVoici les mots de sa maman : 

    « Denko avait quitté le village dans le seul espoir d'aider les siens car c'est en cela que sa vie allait avoir un sens. Le départ d'un enfant est une déchirure, l’inhumer revient à enterrer une partie de soi-même. Mais vivre tout le reste de sa vie en se disant qu'il est mort loin de nous et qu'on ne peut même pas lui dire au revoir une dernière fois mine toute notre existence et nous détruit. Nous vous remercions de nous avoir évité cela.» 

     

    Denko famille.jpgNous nous joignons aux parents de Denko pour remercier l’ensemble des donateurs de la collecte « Un geste pour Denko » grâce auxquels il a pu être dignement rapatrié et inhumé parmi les siens. 

     

    Nous ne savons comment exprimer notre indignation face au refus des autorités françaises et maliennes de se charger du retour du corps. Ce refus est bien la traduction pour nous, du mépris dans lequel on tient ces jeunes migrants qui ont quitté un pays qui ne les aidait pas, faute de moyens consacrés au développement et à l’éducation, pour venir en France où l'influence délétère d'un discours xénophobe et le manque de volonté politique engendrent la maltraitance. La réussite de ces jeunes qui ont tant risqué pour venir ici doit être au cœur d’un projet de société, d’un projet de civilisation !

     

    Quand les autorités vont elles se décider à œuvrer ensemble pour leur reconnaissance, la stabilisation de leur âge et de leur identité par un Etat civil digne de ce nom, une prise en charge ici en dépit de la barre fatidique de la majorité, et pour leur donner un avenir qui ne soit pas précaire ni semé d’obstacles administratifs ?

    Faut-il que ces jeunes meurent pour que l’Etat français valide sur un acte de décès, la date de naissance les établissant comme mineur?

    Nous continuerons à nous battre sans relâche pour faire la lumière sur la mort du jeune Denko, et pour alerter et assurer une prise en charge et un avenir dignes à ses semblables, victimes de choix politiques inhumains, court-termistes et irresponsables.

     

    Nous pensons aux éducateurs des structures de prise en charge de ces jeunes MIE qui font au mieux leur travail dans des conditions  précarisées par des budgets volontairement restreints.

    Nous apportons notre soutien total à Ibtissam BOUCHAARA, l'éducatrice que   La Sauvegarde veut licencier  pour avoir dénoncé les conditions d'accueil de ces jeunes et nous réjouissons avec elle de la solidarité manifestée à son égard depuis une semaine, notamment au travers de la pétition qui recueille plus de 6000 signatures à ce jour.

    Sa cause est désormais liée à celle des Mineurs Isolés Etrangers. Nous serons à ses côtés vendredi 10 février devant les locaux de la Sauvegarde à 9h à l’occasion de la réunion des représentants du personnel en vue de son licenciement.

     

    Les Membres du RESF 51

     

    Contacts presse : Marie-Pierre BARRIERE 06 79 50 29 87 Catherine TANGUY 07 76 79 45 10

  • Appel à soutien à Ibtissam Lundi 30/01 9h30 34 grande rue BEZANNES

    Communiqué de presse du 27/01/2017

    Protection de l’enfance ou atteintes aux droits de l’enfance en bande organisée ?

     sauvegarde.JPG 

    Le SAMIE créé en septembre 2015 accueille au foyer Bellevue à Châlons-en-Champagne des mineurs isolés étrangers dans un  ancien foyer de travailleurs immigrés transformé en résidence sociale. Les mineurs isolés partagent ce lieu d’hébergement avec d'autres résidents adultes qui sont dans une situation sociale précaire.

     Il y a quelques semaines, une éducatrice, déléguée du personnel de l’association la Sauvegarde, a été alertée sur les conditions d’accueil de ces mineurs mis à l’abri par le département de la Marne. Les constatations observées lors de sa visite sont effarantes :

     

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  • D’Alan Kurdi à Denko Sissoko, les ravages mortels d’une politique migratoire inhumaine

    Photo Denko.jpg

    Communiqué de presse du lundi 9 janvier 2017
     
    D’Alan Kurdi à Denko Sissoko, les ravages mortels d’une politique migratoire inhumaine
     
    Tout le monde a dans les yeux le petit corps d’Alan sur une plage de Turquie le 2 septembre 2015. Vendredi 6 janvier 2017, c’est à Châlons-en-Champagne, sur le bitume du trottoir, au pied du foyer Bellevue, foyer d’accueil des Mineurs Isolés Etrangers, que le corps sans vie du jeune Denko âgé de 16 ans, a été ramassé. Selon ses amis, il venait de se jeter du 8ème étage pour échapper à la police dont il pensait qu’elle venait le chercher.
     
    L’un était Syrien, l’autre Malien. Leurs points communs ? C’étaient des enfants qui avaient fui un pays dans lequel ils n’avaient pas d’avenir pour vivre en sécurité ici au terme d’un voyage difficile. Tous deux viennent grossir le nombre des victimes innocentes de la politique migratoire inhumaine orchestrée par les institutions de notre pays et de notre continent. 
     
    Il était arrivé en France en octobre 2016, après un voyage long et périlleux en partance du Mali en passant par la Libye et l’Italie ; il aimait rire, bavarder, écouter de la musique africaine. Il a attendu 1 an et demi en Italie de réunir l’argent nécessaire pour rejoindre la France. C’était son vœu. Hélas ! Il a encore attendu 2 mois et demi à Châlons dans les services de la protection de l’enfance qu’on l’évalue puis qu’on lui signifie que sa minorité n’était pas reconnue et qu’il ne serait pas pris en charge. Il l’avait appris la veille. Ne sachant pas où aller, il n’aurait pas voulu quitter le foyer. Dans ces cas-là, la police est sollicitée…
     
    Ses camarades sont formels : Denko n’était pas malade, ni drogué, ni fou. Son geste n’est pas celui d’un dépressif. Ce n’était pas non plus un criminel, ni un malfrat, il n’avait rien à se reprocher. Il s’est jeté du 8ème parce que, comme un jeune de 16 ans, moralement très structuré et qui a, en outre, assimilé l’impératif et la mission de réussir en France, il n’aurait pas supporté l’idée humiliante qu’on vienne l’arrêter et le mettre en prison.
     
    Ce drame met en lumière la tragédie que vivent ces jeunes étrangers livrés au tamis de l’évaluation et de la pression institutionnelle, maltraités, suspectés, dénigrés, parce que la France ne veut pas les accueillir. L’Etat se dédouane de ses responsabilités, les conseils départementaux trient et rejettent par souci d’économies budgétaires. Les jeunes se retrouvent à la rue, errent de ville en ville, sans avenir, et ils en meurent. Et même quand ils sont pris en charge, l’accompagnement est insuffisant, la suspicion continue et l’angoisse du lendemain n’est jamais levée tout à fait. L’Etat et le Conseil Départemental sont coupables de non-assistance à jeunesse en danger.
     
    Ils espéraient d’autres horizons. Nous espérons pour eux d’autres perspectives, ils ont franchi des mers et leur maturité, leur courage, leur volonté de vivre ici, sont déjà un cadeau pour la France !
     
    L’heure est à la peine pour tous ces jeunes venus d’ailleurs qui ont assisté au drame, et nous partageons leur deuil. Mercredi 11 janvier aura lieu une marche silencieuse en hommage à celui que tout le monde appelait Sissoko. Le rendez-vous est fixé à 15 heures, rue Carnot, devant le conseil départemental de la Marne. Nous invitons tous ceux qui ne se résignent pas à ce que la politique migratoire tue des enfants à nous rejoindre.
     
     
    RESF Châlons-en-Champagne
    (contact presse : Marie-Pierre BARRIERE 06 79 50 29 87 / Catherine TANGUY 07 76 79 45 10)